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13.2.10

Exercice poétique









partout]


Gésir un long moment
Quelques ères
Molt lustres
Aux dernières lueurs
Diffuses


Gésir | avec toi | roi
Dans l'encorbellement
des mots


Fusent les dits
Des artères, de fureur
Inexorable
Tu es geyser
Tu es jaillissement
Et moi la
Terre




15.9.09

Pistes



Mes questions intolèrent les avanies impromptues, celles qui m'éloignant toujours trop tôt de moi-même en tant qu'ouverture sur l'extériorité, sur l'intangibilité du non-moi, malaxent les termes et les temps impartis, les chairs aux molécules si fines qu'on les dirait tissées de larmes de fées, et les moellons mal dégrossis du corps/esprit : épatante pâte, peut-être, mais si frêle, si poids-plume dans le pancrace des heures!






Blanc-seing pour penser, en retard et détriment du rythme réel (travail, travail et sommeil) :



Il y a des matins où, avant même l'aurore et sa force, je pisse la joie par tous les pores ; le parc Lafontaine me répond par ses enchevêtrements sphériques de vieille Diotime stoïcienne aux châles long, allitérés. Bruits pression atmosphérique taux d'humidité demi-jour clair-obscur et sfumato des abstractions tranquillement violentes qui s'incarnent dignement en toute chose reliée/déliée, et je comprends que des dieux il n'est rien à craindre puisque les forces atomiques, subatomiques, nucléaires faible et forte, prises en elles-mêmes, ne concourent à rien sinon à se vouloir elles-mêmes indépendemment du reste, et qu'elles n'y peuvent mais ; et le reste, c'est moi qui marche à 5h du matin dans le parc aux filaments argentés sur les tempestives langueurs des choses...





Perpendiculairement, et c'est tant mieux, je songe aussi que les récits se prennent pour des dieux, ce qui les rend moins hideux que leurs auteurs engoncés dans qui les folies du temps, qui les malices du cloître, qui les foires aux vanités où ils passent, et c'est pure nécessité, toujours déjà à côté de la vie. L'auteur se cherche alors que l'oeuvre se trouve, ou l'inverse, car au fond c'est la même histoire, c'est Homère qui ignore la beauté d'Athènes au couchant, et c'est Shakespeare qui n'est pas Hamlet, et c'est Lautréamont qui se fait enculer très-vite et très-anonymenent dans une ruelle par Rimbaud, et c'est Borges qui n'a jamais lu Tolkien. Découvrir le chef-d'oeuvre inconnu, être le premier, franchir les terrae incognitae avant les béotiens et les coquins, c'est la pulsion ancestrale du mâle alpha qui dévierge tout à grands coups de queue sanguinolente, qui dévierge tout ce qui a des trous et du mou; or la littérature, comme une pucelle ou une pute, a du mou et pleins de petits trous palpitants. Or, dans la débandade du mâle qui suit immédiatement l'éjaculation des mots, toujours de trop, il y a l'impuissance en puissance, la sénilité en émergence, et la peur du vide (celui qui vient d'être pilonné et qui s'est, par osmose, par échange de bon procédé, transféré dans le corps fourbu de l'homme) : éternelle insatisfaction, retour à l'origine, à la matrice, aux noirceurs infectes de la solitude primordiale ; ce n'était que cela... Ça n'a pas duré, tout est à recommencer, ailleurs, toujours plus loin, car on ne dévierge pas deux fois... et il faut continuer de défoncer des cons inexplorés. La bite cherche le vide qui au fond est en elle-même en tant que bite incarnée. Ainsi fait le littérateur, et ainsi parlait le pauvre Zarathoustra... De tous les philosophes qui inspire les jeunes têtes brûlées assoiffées de dépucellage incandescent, incessant, Nietzsche est sans contredit le plus emblématique, sinon le principal promoteur de la chose.







Et pourtant nous sommes quelques uns à croire possible le bonheur près de toi, Arthur Rimbaud! René Char et d'autres montrent d'autres voies, à ceux dont le but n'est pas d'être poète mais de faire de la poésie...





«... et le poète devient l'ennemi amer de la figure du poète. » Et aussi : «Il arrive que les écrivains et les artistes répondent à l'appel de la communauté par un retranchement frivole, au puissant travail de leur siècle par une glorification de naïve de leurs secrets oisifs, ou encore par un désespoir qui les fait se reconnaître, comme Flaubert, dans la condition qu'ils refusent. Ou bien ils pensent sauver l'art en l'enfermant en eux-mêmes : l'art serait un état d'âme; poétique voudrait dire subjectif. » (Maurice Blanchot, Le livre à venir)







À cette forme possible de l'apparence du poète ( c'est-à-dire le crève-la-dalle antisocial, le violent, le fort, le hasardeux que septembre ramène, etc.), qui se veut l'unique, la bonne, la véritable identité du créateur (volonté de puissance, c'est-à-dire de dévierger, de posséder en premier, de dominer les autres, mâles et femelles de la tribu d'origine, du clan toujours recherché/repoussé), nous répondons par une terrible diversité, souvent contradictoire, à mille milles de ces petites images tristes qui font de gosses pleins de talents des psychotiques en devenir, et plus qu'en puissance.






J'ai envie de tous ces étudiants de McGill que je regarde, que j'observe, tout autour de moi lorsque je sors fumer une cigarette, populace bigarrée, tigrée, pommadée et roucoulante, j'ai le sourire négligemment aux lèvres, et la libido au point d'ébullition atteint.





(Je dois m'arrêter pour l'instant ; c'est le temps de me pitcher des garnottes de sur ma face ravagée par la barbe de hipster et l'ironie acerbe du dandy, pendant que je me penche pour ramasser mes boutons de manchette garnis de cabochons rubis, pendant que j'ai la caboche préoccupée par le travail plutôt que par la blogo, pendant que j'ai le cul en l'air et les idées par terre. Bastbises!)

14.4.09

Y'a pas de fumée sans acide cyanhydrique moi je dis



dans un mauvais recueil de claude péloquin comme un tatou sauvé des os une étampe japonaise à moi tiers effacée et en travers comme la rêvélation d'un plus-beau poème que le poème n'importe-coi : CE LIVRE EST LA PROPRIÉTÉ
DU CENTRE DE DÉTENTION DE MONTRÉAL c'est-ti assez compliqué d'écrire sans faire de palissades et des lapalissades je suis aux mots / sexy ailes / c'est salissant écrire il finit souventes fois par y avoir des étampes viscères qui viennent nous barrer moult de travers comme si c'était pas assez! je me de-mande si elle est encore envie je crois que depuis nonante ans je marche-temps et marchande de travers sur les pages pâlissantes poli pour ne pas faire DE BRUIT c'est-y assez mauve en esti la litière à ture elle m'avait dit des choses qui rampent dans ma tête parfois et aussi des choses que j'ai oub-liées cordées charlotte pour finir assassiné par pâtir il faut partir elle doit être morte je crois bien mais qui donc m'eut averti il n'y avait plus rien que je pouvais faire pour ralentir/arrêter le temps ne pas vieillir ne pas vomir en embrassant un vieil homme qui ressemble à whitman grosse barbe blanche ma langue dans le blanc qui pique et son doigt dans mon cul il faut partir il faut hélas héler l'hallali on doit mourir dans le cul et ma langue sur la peau qui crisse et qui grince et qui pue c'est la mort mais c'est surtout l'idée donc rien

j'aime


!

carapaté sur les silos noirs comme jais (do) ré mie ce n'était qu'un rêve quand j'ai tué le vieillard n'est-ce pas mais je me demande si elle est encore en vie et je m'étale / létal / sur les supplices complices qui me dévissent le crâne en fouillant les les les les oh jeez ça fait bizarre d'être assis là-bas à me regarder vomirador sus aux cons jeu les frappatoires estafilades des pisse-tilences grangraines ô ma ragamuche monde olivine trafiquée d'en t



il me regarde le regarder je sais qui il est il est

oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui



une coudée j'aimais nabot lira le hasard (genre) oui je sais c'est hasardeux c'est-ti assez compliqué d'écrire sans pontifier je m'allarmai trop tard ciao ciao ti-cul à ce soir à sursoir bastaquouère bastabarnac bastarté bastonnade béat b-à stabiliser l'homorragie spéculaire tordue sur le banc le vieillard s'arrache les dents en faisant gicler le sang sur sa barbe whitmannienne ses yeux sont doux mais son sexe en vis les bastingages astringents soulèvent souvent des doutes à bout de carcasse en râpant les souvenirs-écrans c'est sûr c'est moi c'est gênant une érection jacassante dans le cul du monde pour oublier les livres en trop cheese je lui ai tiré le portrait c'est ça à coup de douze dans les dents comme éric il était psychotique éric et j'érigeai jacassant des phallus feuillus pour enculbuter le monde en riant foooooooooooooooooooooooort.



Tout ça pour dire que j'ai ri merveilleusement avec toi (c'est là la chance unique).



(Merci à Jay pour l'inspiration lynchienne et surtout, surtout à The Magic Pomme pour la vidéo de Herzog que je passe sans cesse dans ma tête ça me fait bien rigoler!)