Affichage des articles dont le libellé est Miscellaneous. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Miscellaneous. Afficher tous les articles

5.12.09

Miscellaneous maghané

Le Blogueur inactif. Artiste inconnu. (~4e millénaire avant notre ère)




Dix jours sans bloguer... Dix jours sans avoir eu le temps ou la motivation ou l'énergie d'écrire. Je me sens rouillé, et plein de petites miettes inactuelles à vous transmettre.





La dernière semaine et demie fut éreintante. Passionnante à bien des égards, mais épuisante. Et à la limite, à la frontière inquiétante de la stérilité intellectuelle. Ce qui m'a sauvé pourtant, ce sont les livres que je me suis achetés dernièrement et que je dévore : la poésie de Jouve, la poésie de Yeats, l'Histoire des idées et des croyances religieuses de Mircea Eliade, en particulier ses chapitres sur la religiosité paléo- et néolithique.




Changement d'horaire de travail (fin d'un contrat) et changement de saison. Ma vie prend un nouveau tournant. Bilan mitigé. Globalement positif, mais avec des couacs. Comme ces objets qui me sont chers, ma machine à espresso, mon ordinateur portable, et qui se sont lamentablement brisés entre mes mains... Signes (métaphores matérialistes) de ruptures et de brisures plus intimes. Ma vie affective, ma vie sexuelle et ma vie sociale qui en ont pris un sale coup dans les derniers mois. Mes petites névroses. Mes défauts.




Ai lu le texte de Lady Guy sur le jeune padawan Jean-Simon DesRochers. Ai ressenti une puissante intuition à l'effet que le mec était, en effet, génial. Je lis son blogue depuis quelques mois, mais n'y laisse pratiquement jamais de commentaire. Je l'observe de loin, avec espoir et curiosité. Je commence à comprendre certaines choses, dans le milieu littéraire du Québec, je commence à comprendre ce que je recherche, ce que j'espère pour la littérature. À date, j'ai un bon, un très bon feeling par rapport à JSDR. Je commence son roman le plus récent, La Canicule des pauvres, ce week-end, et peut-être aussi sûrement ses recueils de poésie. Vous en reparle quand je me serai fait une tête.



J'aimerais écrire un court essai sur les similitudes et les dissemblances entre René Char et Pierre Jean Jouve. Ce qui me retient : mon ignorance ; mon manque de temps ; mes hésitations sur l'intérêt qu'un tel exercice peut représenter. Toutes raisons plus mauvaises les unes que les autres.



Lu cette semaine, en pensant avec affection à mes amies l'Èvre et Pomme (désormais blogueuse "bastiste" : Pommenade), ces chères âmes qui m'habitent malgré le temps qui fuit et la distance, à cause de réjouissantes discussions de naguère sur les vagins dentés :




LES CHERS GLOBES DE FEU qu'elle brandit sans voile
Leur teinte est fabriquée et couleur de rougeur
De honte, ardents au bout et morts dans le vallon.
Et le lait du plaisir qu'elle retire aux mâles
Fait qu'elle voudrait toujours petite fille
Les émonder avec les couteaux de ses dents.


-- Pierre Jean Jouve.




Cours en janvier : j'hésite si je dois m'inscrire en langue et culture chinoises (deux cours), ou en langue et culture arabe (deux cours). Les deux options m'attirent terriblement. La première parce que j'ai une passion, sporadiquement évoquée ici même, pour la philosophie chinoise antique. La seconde pour une passion, sporadiquement évoquée ici même elle itou, pour la poésie et la mystique arabo-musulmane. Entre les deux, mon coeur balance.



Me suis acheté le film célébrissime de Luchino Visconti, La Mort à Venise. Je ne saurais vous exprimer succinctement mon admiration, mon émoi adolescents pour ce film, mais encore davantage pour la nouvelle littéraire de Thomas Mann qui a inspiré le long-métrage. Beauté outrageuse.




Avant même le 1er décembre, j'ai déjà ingurgité trois gâteaux aux fruits... Le temps des Fêtes va être... violent... :-P




MON AMANT DIT LE SOUFFLE
Mon Amant dit la dent soupire la langue

Mon Amant

Et le jour à jamais s'assombrit dans le jour.


-- Pierre Jean Jouve.



La Monade leibnizienne
(Bast [2009]. Perversion de mon éducation philosophique universitaire. Extraits) :



«Le nom technique de l'être individuel absolu qui forme pour Leibniz la réalité véritable, c'est la monade. Ce mot grec signifie unité et ne désigne donc les êtres que par leur côté formel. Si nous demandons ce qu'est proprement cette unité individuelle avec ses états internes développés conformément à une certaine loi, Leibniz nous répond que nous devons nous la figurer par analogie avec nos propres âmes.» (Harald Höffding) Tiré de l'Encyclopédie de l'Agora


6.11.09

Le cru et le cuit (miscellaneous anthropologique)

Je veux aller voir l'exposition de Waterhouse au MBAM!!!! Qui m'accompagne? Papine, l'Achigan?? Qui d'autre?






Je ne proclame jamais sur les toits, mais je suis un amateur de musique atonale et du dodécaphonisme. J'ai trouvé cette vidéo qui ne m'aidera pas à vous convaincre que c'est génial...






Le comble du chic, c'est de n'en point trop faire l'étalage, et que personne ne s'en sente offensé ou exclu. (Mon leitmotiv)





J'aime la porno quand elle est crue, directe, sans fiction, sans accessoire, sans filtre, sans taboo. Mais je préfère encore surprendre quelqu'un en train de visionner de la porno, l'espionner, et je suis très friand des choses que l'on peut voir quand on se promène nuitamment dans la ville, et que les rideaux ne sont pas tirés. Mieux encore : je suis voyeur des voyeurs. J'aime sentir l'excitation dans les yeux d'un voyeur. J'aime ses gestes rapides, saccadés, dissimulés, vaguement coupables.


Quand je me fais sucer durant un party, je ne jouis pas seulement de l'acte lui-même, mais encore davantage des spectateurs qui s'observent les uns les autres, qui me détaillent et me mangent du regard.




Mon anglophilie mallarméenne me porte à aimer avec passion la poésie et la littérature de fiction anglo-saxonne du 19e et du début du 20e siècle. De Poe à Joyce et Tolkien, en passant par Thomas Eliot, Yeats, les soeurs Brontë, Jane Austen et Virginia Wolfe, de Thomas de Quincey à Walt Whitman en passant par Wilde et Byron, pour ne nommer que les noms les plus évidents et les plus aimés de moi, je suis FOU de ces sonorités, de ces images que les Préraphaélites ont si excellemment cristallisées dans leurs oeuvres, de cette atmosphère romantique, victorienne et édouardienne, de ces influences anciennes, de cette mélancolie, de ces flambées d'assonance, de cet univers étrange, ancètre du nôtre, de ce terroir qui me nourrit.






Je suis à fond dans Yeats, ces temps-ci :

O sages standing in God's holy fire
As in the gold mosaic of a wall,
Come from the holy fire, perne in gyre,
And be the singing-masters of my soul.
Consume my heart away; sick with desire
And fastened to a dying animal
It knows not what it is; and gather me
Into the artifice of eternity.


-- W. B. Yeats (Sailing to Byzantium, III)





J'aurais voulu vivre dans un film. Voici deux pièces que j'adore, l'une de Roisin Murphy, l'autre de Birigitte Fontaine, et qui offrent une étrange similitude... Les deux sont très drôles, les deux semblent incidemment critiques de certaines choses dans la société, et les deux le font en parlant de cinéma...

Je voulais vous faire part de cette coïncidence, mais je n'ai pas grand chose à en dire. C'est seulement cocasse. Et de sacrées bonnes interprètes. Qu'en pensez-vous?




«Vous n'êtes pas la maquilleuse?»





« You little witch! You little witch!»




PS : J'ai peut-être rencontré quelqu'un de bien... Je ne sais pas. C'est à suivre... En tout cas, je suis tellement sexuellement excité, ces temps-ci, que je serais prêt à en essayer beaucoup, pour trouver la perle rare....

5.9.09

Miscellaneous éperdu (AJOUTS)

Samedi matin, je me réveille avec du Mara Tremblay sur la peau. Plus exactement, Le Teint de Linda, la première chanson aux sonorités country qui, malgré ça, m'a fait tripper. Et très précisément, je la ressens passer comme un frisson de vulnérabilité sur ma nuque, sur mes bras, sur mon ventre, dans mes jambes, souffle glacial de malaise et de questionnements éperdus.




(Pour visionner le clip, il faut aller sur maratremblay.com ou cliquer sur l'imâââge ci-dessus.)





Pas envie de faire quoi que ce soit, je suis enfin en congé, et je me suis pris dix livres et un docu à la Grande Bibliothèque : je vais enfin lire De Amore de Marsile Ficin, tel que recommandé par Maphto, et des contes soufis de Al Rûmi (dont je vous avais parlé en février dernier), et deux grosses briques sur René Char (dont je vous parle tout le temps - voir le bastsujet), et plusieurs livres de Dumézil (dont je ne désespère pas encore de vous parler dans un avenir rapproché, malgré tout), et quelques autres bouquins fascinants.

Je me fais des bols de café au lait, je me fais toaster des muffins anglais, je me fais des reproches et je ne comprends pas tout à fait pourquoi. Je me sens fourbu, claqué, mentalement, et physiquement. Sur ma peau, je lis les vicissitudes de ma vie.





Je ne connais pas personnellement Guy Laliberté. L'eussé-je connu que ça aurait peut-être changé mon opinion sur le sujet, mais ce n'est pas le cas, alors je n'ai aucune sympathie pour son voyage dans l'espace. Je ne suis pas de la génération "Guerre froide", je n'ai aucune mythologie personnelle de cosmonaute, de Gagarine et de la chienne Laïka. Et pour moi, en tant que créateur, en tant qu'esthète, la poésie, dont se gargarise le gourou du Cirque du Soleil, se retrouve bien plutôt dans La face cachée de la Lune, de Robert Lepage, et aucunement dans ce non-événement signé "One drop".

La journaliste Rima Elkouri a signé un très bon papier sur le sujet, qui exprime le malaise de plusieurs, dont je suis, face à cette "mission poétique" de marde. Extrait de son papier intitulé "Mission poétique ou narcissique?" :

"Pendant une bonne heure, le fondateur du Cirque du Soleil, un logo de son entreprise bien en vue au-dessus de sa tête, a ainsi expliqué aux internautes en quoi consisterait son «odyssée» humanitaire à 35 millions. Si M. Laliberté veut aller dans l'espace, n'allez surtout pas croire, mesdames et messieurs, que c'est simplement pour son plaisir personnel ou pour se pavaner. Pas question pour lui de se contenter d'être un vulgaire touriste de l'espace. Non. De là-haut, durant cette expérience qui se veut avant tout «spirituelle», le grand prêtre du Cirque du Soleil a un rêve. Il veut sensibiliser la pauvre population terrestre aux enjeux de l'eau et à l'avenir de notre planète, avec un événement «mondial, international» et même «universel». [...] Durant la conférence de presse, les mots «poème», «poésie», «poétique» ont dû être prononcés plus d'une vingtaine de fois. Paradoxalement, plus on parlait de poésie, plus on avait l'impression de s'en éloigner. La poésie, la vraie, peut-elle vraiment survivre à toute cette enflure narcissique drapée de bons sentiments? N'est-elle pas justement aux antipodes de ce boursouflage mégalomane interplanétaire?"


Et sur le site de Christian Mistral, j'ai réagi à la nouvelle, plus précisément à propos de l'écrivain Claude Péloquin, qui était supposé écrire l'oeuvre que lirait Guy Laliberté dans l'espace. Je suis le 47e commentaire...





Pourquoi ai-je mal, pourquoi mon coeur se serre-t-il d'angoisse et de tristesse, ce matin? Pourquoi le sentiment d'être atrocement SEUL? -- J'essaie de garder mon calme, de prendre à bras le corps ce faisceau d'émotions, cette nébuleuse de sens insensée, flou, tout est flou à loisir, et je me dis, peut-être à tort, que de m'analyser, que de m'ouvrir le coeur et les pensées en public, devant l'écran de mon portable, sur mon blogue, va me faire du bien.






Hier soir la magie, hier soir la beauté, hier soir les amis -- ô glorieux, ô magnifiques, ô mes amis, et pourtant (pour-tant : à ce prix, à ce coût-là; expression analysable et compréhensible, qui introduit l'inanalysable, l'incompréhensible, un marché faustien, une affaire à jamais, toujours-déjà bouclée à mon désavantage, à perte, à perte d'âme), je suis reparti chez moi le coeur infecté d'une gangrène interrogative, et j'ai marché en fuyant les regards qui eussent pu se poser sur mon corps vulnérabilisé, écartelé, martyrisé d'autodénigrement et de fragilité spirituelle. -- Où se trouve donc le centre, l'origine de cette tristesse du corps, de cette fatigue des sens, de cette trahison de l'image mentale que je me fais de moi-même? Il y a une faille dans le cycle karmique de ma vie, et cette faille est ouverture vers la vérité voilée-dévoilée du coeur-corps, ce complexe arrangement moléculaire et spirituel qui me compose comme individu.





Hier les amis et surtout peut-être les représentations les plus émouvantes de tout ce que je chéris, de ce que j'affectionne et vénère : jeunesse pleine de géniale vanité, beauté des lieux, beauté des formes, délice de tous les sens, conversations d'équilibristes ou de librettistes du 18e (l'époque où, comme le dit Blanchot, tout le monde écrivait avec brio, tout le monde faisait profession d'intelligence vive dans les paroles, les oeuvres, les réparties caustiques), jeunesse pleine, grosse d'avenir, et beauté atrocement sexuée, affamée de sexe et de plaisir, affamée de vie et de plénitude de soi-même ; on n'est pas sérieux quand on a vingt-sept ans ; je lis sur les silhouettes -- poses, postures, cambrures, danses et langueurs ultra -- les origines magiques des idéogrammes, des hiéroglyphes, des abstractions signifiantes encore engoncées dans des formes mouvantes, terribles, de quotidienneté et d'immédiateté, de désir et d'étrangeté divine. Mes amis, mes amours : j'ai aimé ces corps, je les ai lus, je les désire encore, comme un fou, comme un flou tendre, comme un tendre fouillis. La dangerosité. La menace du vêtement. Les artifices de l'urbanité mises en abîme dans le contact sans contact, dans les caresses bloquées par le textile, et je me surprends à penser que la surface est d'autant plus vaste qu'elle est nue ; nus, nous serions infinis les uns avec les autres ; infinis, d'où : le secret du sexe, du corps, dévoilé, perdrait sa dangerosité de bête tapie dans le tissu foisonnant, luxurieux, et par là même, les inhibitions dont mon corps cache en son sein les poisons autodestructeurs, seraient neutralisés dans l'ex-hibition.





Avant-hier, c'était la continuation de la mise en place d'une relation amicale saine avec mon ex ; mon tit-ex comme dit l'Achigan, par opposition avec mon grand-ex, ce dernier ayant partagé un peu plus qu'une demi-douzaine d'années de ma vie, l'autre, le dernier en date, le tit-ex, que quelques mois intenses. Mais dans nos paroles vraies, vrillantes et déridantes de spontanéité et de candeur, une fissure, encore une faille, et violente : le non-désir qui fut jadis désir, désir du désir et puissance actualisée du désir, libido centrée sur son obscur objet de désir qu'est le sexe jumeau, miroir du désir du même (homoïoï, en grec), échec du désir et échec de la communication des corps, destruction nécessaire à la mise en place d'une relation amicale saine, et pourtant, pour-tant, ce pouvant signifier le mensonge du désir encore vivant qui doit se terrer encore plus profondément pour survivre, pour ne jamais mourir tout à fait, et pour peu je m'eusse bouché les oreilles pour ne plus entendre battre dans sa voix la libido étincelante de jeunesse déjà tournée vers tant d'autres corps que le mien ; faiblesse de celui qui naguère posséda, et qui doit accepter de n'avoir plus que les mains vides parce que le coeur, lui, l'est déjà. Écouter sans écouter les aventures post-rupture, lire sans lire les fantasmes qui m'éloignent de moi, de ce que je vois dans le miroir tous les criss de matin, sur ma peau, ma vie se lit...





Rencontres qui me désertifient, qui me dévastent : amis qui me veulent du bien, et pour-tant, qui me ramènent sans le vouloir, sans le prévoir, à la dévastation normale, aux sinistres et aux catastrophes réguliers de mon être-là (heideggerrien Dasein; à moins que ce ne soit mon être-au-monde, mon Inderweltsein?) -- besoin de fuir mes amis, besoin irrépressible de les trahir, de les tenir à distance pour préserver mon esprit des naufrages les pires, quand par exemple des amis font la noce ou se marient, s'expriment envers et contre mes préjugés érigés en valeurs, ou cherchent en moi une oreille attentive... qui se révèle sourde, assourdie, assourdissante du silence du "je t'aime, je te désire". Ambiguïté de l'amitié qui m'exalte et me tue, qui me dirige vers moi-même tout en m'éloignant indéfiniment du moi qui n'est pas "le même". Je les trahis d'autant plus facilement que je peux, sans peine de mentir, prétexter ma fatigue, ma vie pleine de travail éreintant, de faiblesse mentale ou physique (comme il est jouissif d'annuler un rendez-vous en prétextant la maladie quand elle n'est pas la cause! comme il est vrai que je souffre les affres des symptômes quand je n'en ai aucun! comme il est doux de mentir pour une aussi bonne cause que celle de ma ruine intérieure!)






Éperdu d'amour je suis et pourtant, c'est de peaux que j'ai le plus besoin. Mon sexe inemployé quelques temps, et c'est mon moral qui se raccornit. Les caresses intimes me manquent, me causent des manques de drogué. Et qu'est-ce que la parole cultivée, intellectuelle, qu'est la mienne, sinon une monnaie d'échange (devise comme une autre, peut-être moins valable ou plus rare ou plus glorieusement civilisée qu'une autre) contre la bestialité du sexe? un pour-tant, vraiment, un coût à l'échange, un prix à payer pour être désiré-désirant ; il y a cinq grands axes qui mènent à l'échange d'orgasmes à deux ou à plusieurs, dans l'ordre croissant de puissance érotisante : la gentillesse/humour (degré zéro de l'attirance), ensuite la parole intellectuellement puissante, ensuite l'argent et ses preuves matérielles, ensuite le Pouvoir, et finalement, plus haut échelon (qui souvent annule ou apporte les précédents à son possesseur), et paroxysme de l'arbitraire du désir : la perfection génétique du charisme sexuel. Graal du cul.





Je m'observe dans ma nudité et je me tâte, je me palpe, je me jauge et me juge. Ce que j'ai à offrir est pauvre trésor. Mes armes sont ébréchées, mais qu'y puis-je? Je dois d'abord panser mes failles, mes fissures, mes plaies symboliques -- les pires de toutes. Et ma frustration grandit comme un léviathan fou dans les abysses glaciales de mon coeur. Les souvenirs s'allient aux fantasmes pour composer les mirages, les spectres du désir, labourant mon corps de sillons stériles, de terre en jachère éternelle, mortelle.





J'ai mal au coeur et j'ai la nausée. Il faut que j'arrête d'écrire pour l'instant. Mais je n'ai pas exprimé le millième de ce que je désirais écrire (tout à fait comme je n'ai pas encore vécu le millième de ce que je désire baiser, aimer, expérimenter sexuellement, sensuellement, affectivement).

Grand bien me fasse.





Ça fait cinquante ans aujourd'hui que Duplessis est mort.

Grand bien nous fasse.

21.8.09

Émois (et moi, et moi...)

Émois devant les très beaux billets de Mistral, en particulier : le poème de Pavese qu'il nous offre malgré ses réserves sur le bonhomme; et la voix du grand Apollinaire enregistrée en 1913...

(Fan, depuis longtemps, et j'assume, quin!)






Émois devant les cadeaux que m'a rapportés Pomme de son voyage au UK : un Stonehenge en miniature!!! et des cartes postales cochonnes de beaux Écossais en kilt... et The Legend of Sigurd and Gudrun, de J.R.R. Tolkien. De petites pensées toutes chouettes, toutes belles et pleines d'humour, d'intelligence, d'amour, juste POUR MOI!!!! Je n'ai pas pleuré, mais je lui ai fait plein de câlins. Qu'elle soit encore et toujours remerciée.








Émois de me retrouver à nouveau en état de célibat plus ou moins relatif et statué (question à régler, négociations en cours...). Je ne cherche pas à fonder une famille, à trouver mon Ganymède, et à retomber dans la dynamique létale de la conjugalité. Une chose à la fois. La liberté est douce au coeur de l'Indien. Et la beauté des hommes, cet été, m'est délectable. De toute façon, je suis un bastamoureux : à tous les jours, une nouvelle flamme me dévore.







Émois : et moi? Bah. Basta moi. Et vous?

30.5.09

Miscellaneous hanté





Depuis que je suis allé au Musée d'art contemporain mercredi dernier, je pense sans cesse à l'oeuvre de Christine Davis. Cliquez sur son nom pour accéder à la présentation de celle-ci sur le site du musée.

Je relis avec délectation le poème de mon cher Mallarmé, L'Après-midi d'un Faune, depuis. Davis a trouvé une façon inspirante de revisiter les espoirs et les certitudes fanées de l'époque qui a donné naissance à notre monde, la Belle Époque, en juxtaposant les mots du poème sur les pages peintes à la main d'une vieille édition (1845) des Éléments d'Euclide. Le contraste est épistémologique, esthétique et métaphysique. Car notre réalité humaine, depuis toujours, est "euclidienne", tandis qu'à l'époque de progrès scientifique et industriel illimité, voire hystérique, de Mallarmé, on prend soudainement conscience que d'autres mondes non-euclidiens sont possibles, sont réels, sont contraires au sens commun.




Mon amoureux est le premier individu que je rencontre en cette vie qui s'intéresse autant que moi, pour certaines des mêmes raisons que moi, aux origines du christianisme, au monachisme et à différents phénomènes religieux sur lesquels j'ai passé beaucoup trop de temps à réfléchir. Mon excitation est grande. Nous ne sommes pas chrétiens, ni l'un ni l'autre. Mais nous sommes fascinés par les mêmes choses, les mêmes livres, les mêmes images. Je suis tellement heureux! Ça fait bizarre, du coup, de discuter des règles complètement absurdes et sectaires des anachorètes égyptiens, de l'influence du manichéisme et de l'isisme sur les représentations chrétiennes primitives, et sans transition, manger des hot-dog en écoutant des épisodes de Family Guy (dont nous sommes friands), faire l'amour, etc.

Nous nous sommes trouvés.



Le cousin d'une bonne amie à moi s'est fait attaqué au Gabon par des trafiquants d'organes (ils vendent le coeur, la langue et les parties génitales de leurs victimes à des sorciers, paraît-il) à coups de machettes. De machettes. L'image me hante.

(Il a réussi à se sauver, à sauver sa vie, mais un de ses bras est lacéré en de multiples endroits.)




Je suis amoureux de Xavier Dolan. J'imagine que nous sommes des milliers. Mais moi, je sais qu'il m'aime, qu'il me veut. (Érotomanie : L'érotomanie est une maladie du groupe des psychoses, construite autour de la conviction délirante que l'on est aimé par une personne.)


(Rêve d'un trip à plusieurs, avec Xavier Dolan, le prince Harry, mon copain et moi... entre autres.)




Extrait de l'Après-midi d'un Faune, de Mallarmé. Que je dédie à l'Achigan pour des raisons évidentes.

"Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,
Le baiser, qui tout bas des perfides assure,
Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure
Mystérieuse, due à quelque auguste dent ;
Mais, bast! arcane tel élut pour confident
Le jonc vaste et jumeau dont sous l'azur on joue :
Qui, détournant à soi le trouble de la joue,
Rêve, dans un solo long, que nous amusions
La beauté d'alentour par des confusions
Fausses entre elle-même et notre chant crédule ;
Et de faire aussi haut que l'amour se module
Évanouir du songe ordinaire de dos
Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,
Une sonore, vaine et monotone ligne.

Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne
Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m'attends !
Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps
Des déesses; et par d'idolâtres peintures
À leur ombre enlever encore des ceintures :
Ainsi, quand des raisins j'ai sucé la clarté,
Pour bannir un regret par ma feinte écarté,
Rieur, j'élève au ciel d'été la grappe vide
Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide
D'ivresse, jusqu'au soir je regarde au travers.

O nymphes, regonflons des SOUVENIRS divers."


Maphto, Maphto... me pardonneras-tu un jour mon silence indigne à ton égard? (Changez le nom, et sentez-vous visé(e)s, lecteurs/lectrices, par mon cri du coeur, mon aveu de faiblesse, ma culpabilité d'homme de peu de mots.)



Où les marais?
Où les orchidées?
Que sont devenues
rivières et forêts
et lentes cérémonies
à l'aube

hélas
mon Île n'est plus que
vile





Je me suis réveillé cette nuit en croyant qu'il y a avait une émeute sur Mont-Royal. C'était la sortie des bars. Je déteste les voix avinées des jeunes femmes vulgaires qui beuglent deux octaves trop haut. Puissent les femmes contrôler mieux leur débit, leur ton, leur façon de s'exprimer en public, surtout à 3h30 du matin. Vivement des voix de Catherine Deneuve ou de Fanny Ardant partout autour de chez moi, autour de moi. La grâce, l'élégance et l'exquise beauté des femmes de jadis. Étudiées, raffinées, sexuellement explosives et surtout, magnifiques. À mille milles de nos vulgaires catins actuelles qui brisent leur voix et leurs charmes à force de ne se contrôler jamais (surtout devant leurs proies masculines, les pauvres).

Quant aux garçons...




Pour ne pas terminer : René Char. Suite à ma réflexion sur le bonheur de se lever à 4h du matin.

"152.

Le silence du matin. L'appréhension des couleurs. La chance de l'épervier." (Feuillets d'Hypnos)



27.4.09

Miscellaneous 10

Bast is back!


Mon état de santé lamentable a interrompu ce blogue trop longtemps. J'ai perdu des lecteurs, j'ai perdu un momentum que j'espérais mettre à profit, mais basta! on recommence sur les ruines fraîches de cette collection de billets de valeur inégale.










Grippe porcine : comment les médias vont finir par nous tuer.




Genet



Ce fut le Jour de la Terre, la semaine dernière. Le lendemain, c'était la Journée du Livre et du droit d'auteur. En tout, 190 journées mondiales de quelque chose réparties inégalement sur l'année. Est-ce trop? Trop fragmenté? Article sur Slate.fr ici. À noter que durant la l'Antiquité, à Rome, le calendrier était divisé en jours fastes et néfastes, décidés par le collège des pontifes après de savants calculs astronomiques et quelques tordages de bras, au final, il y avait plus de la moitié de l'année qui était fériée (pas nécessairement pour les esclaves, par contre), chômée, consacrée à des fêtes religieuses ou profanes. Évidemment, Lucien Bouchard n'était pas là pour chiâler contre la paresse des Romains...







Je crève la dalle... littéralement. J'ai jamais été aussi pauvre. Mais je n'ai jamais été aussi heureux non plus (sans qu'il y ait un lien de causalité entre les deux situations). Je ne suis pas stressé pour les questions financières, mais là, il y a des limites à tout. Souhaitez-moi bonne chance...




Mantra de la semaine : Beautiful dirty rich






Okay, okay, c'était une joke. Vrai mantra de la semaine : Ain't got no... I've got life!
(Le seul blanc dans la crowd, c'est moi, dans le temps que j'étais un Black Panther avec Jean Genet.)






Côté sexe, je suis tellement satisfait que c'en est indécent. Je l'aime tellement... Nous avons de la difficulté à nous arracher l'un à l'autre. Son cul est une pure merveille. Nous écoutons de la musique, nous nous lisons des poèmes, des nouvelles. Nous faisons l'amour partout, tout le temps. À chaque instant, nous nous aimons davantage.




Genet par Giacometti



Ça me fait penser à un poème de Saadi, l'un des trois plus grands poètes persans. Cela va comme suit :

L'AMOUR MYSTIQUE

Une nuit, ne pouvant dormir, je m'en souviens,
j'ouïs le papillon disant à la chandelle :
"Je t'aime; que je sois consumé, c'est logique;
mais de ta part, pourquoi ces plaintes, cette ardeur?"
"Pauvre amoureux de moi!" répond la chandelle,
"le miel, mon doux ami, fut séparé de moi;
depuis que sa douceur se trouve loin de moi,
comme Farhad, l'amant célèbre, un feu me brûle."
Tandis qu'elle parlait, un torrent douloureux
de pleurs se répandait sur son visage pâle.
Elle dit : "Présomptueux! l'Amour n'est pas ton fait :
tu n'as pas la patience et la persévérance,
car au moindre contact de ma flamme, tu fuis;
moi, je reste, pour être entièrement consumée;
si le feu de l'amour brûle un peu ton aile,
vois! il me brûle, moi, du pied jusqu'à la tête;
néglige ma lumière éclairant l'assemblée!
vois mon torrent de pleurs émouvants, mon ardeur!"
Une part de la nuit n'était pas écoulée
qu'une belle éteignit tout à coup la chandelle.
Tandis que sa fumée s'élevait, elle dit :
"Tel est donc le dénouement de l'Amour, ô enfant!
Voici donc le moyen, si tu veux le connaître :
de ses ardeurs tu n'es sauvé que par la mort."




Genet par Giacometti



Y a-t-il un sujet d'actualité plus ennuyant, plus débile et plus soporifique que la politique municipale??? Je ne comprends pas comment des gens peuvent se sentir interpelés, ou juste intéressés par la chose municipale. En fait, j'aimerais l'être, mais il est évident qu'à moins d'une formidable transformation radicale de la situation actuelle, ce n'est pas demain la veille que Montréal va redevenir une grande métropole de niveau internationale, gouvernée par une véritable démocratie et des gens de qualité. Pity.



Merci à tous ceux qui m'ont attendu, qui se sont soucié de moi, qui ont pensé à moi, qui m'ont dédié un orgasme et qui ont encore un coeur humain malgré l'écoute intensive de Lady Gaga.