6.2.09

Perdu

Je suis perdu. Je suis perdu. ("perdu" a au moins deux sens : "désorienté" et "sans espoir".)


Perdu dans la multiplicité des dix milles êtres. Perdu dans le quotidien qui m'engourdit. Perdu dans les limbes.


Perdu. Sur la route périlleuse que je tente de suivre, je suis perdu. Perdu.




(Dans les romans médiévaux, les chevaliers, qui sont souvent de parfaits abrutis ou des naïfs solitaires, doivent passer par des Ponts périlleux, par des Lits périlleux, par tout un ensemble de lieux étranges et leur faute, souvent, n'est pas évidente à comprendre... Tout se passe comme si leur quête était d'emblée, a priori, sans espoir, vouée à l'échec... Quête de pureté, quête insensée, quête sans issue... Et sur le pont périlleux qu'est le Pont de l'Épée, je me lacère sans pitié... Mon esprit est tenu en échec. Ma parole est sans puissance. Mes actions se délitent d'elles-mêmes. Je suis perdu.)


Perdu... pour moi-même et pour autrui.


Excusez-moi, tous ceux que j'abandonne, que je ne rappelle pas, que je trahis, que je perds. Qui pourra me pardonner? Moi-même comme un autre, et je me suis condamné depuis longtemps. Nul n'est en mesure de m'aider... sur la longue route douloureuse que j'ai emprunté pour mon plus grand malheur. Je me perds. Je me désespère. Et je m'en veux...

2.2.09

Miscellaneous 4

Le blogue Ma vie sexuelle comme un jeu de serpents et échelles, ça me flabbergaste, ça me donne de bons feelings, ça me fait penser à mon Padawan (duquel je pense sérieusement à en faire l'objet d'une nouvelle chronique) dont j'essaie de ne jamais m'ennuyer parce qu'il ne s'ennuie probablement pas de son côté, et ça me donne une raison de passer des heures à lire quelqu'un qui écrit divinement bien sans culpabilité du type : "jeez, pas quatre heures devant mon ordi encore!!!"


Gym : WOW. Au pluriel. Wow pour les gars qui y étaient ce soir et qui me laissaient les zyeuter sur mon bicycle stationnaire sans me faire la gueule (on aime ça les hétéros assez fiers de leur corps pour en faire partager la contemplation à n'importe qui). Wow pour les sourires quand on doit demander de partager une machine. Wow pour les bouts de peau très appétissants que me montrait un jeune homosexuel qui savait visiblement comment plaire à un jeune-vieux satyre comme moi. Wow pour la fille (il n'y en avait pas tant que ça ce soir au gym) qui était d'une beauté à couper le souffle, d'une délicatesse de traits et d'une sensualité hallucinante. Wow pour le sentiment de retrouver un début de libido... Wow pour le sentiment du devoir accompli, pour le corps qui se reconnaît enfin chez lui, en lui, dans le monde, sur son ballon bleu à faire des "fly couchés". Wow pour l'appréciable calme mental que m'apporte le gym.


Dernier cadeau de ma psy (la chienne qui m'a abandonné en décembre dernier pour une supposée "sabbatique" -- j'espère qu'elle a plutôt été radiée de l'Ordre des médecins), qui m'a fait dire que finalement, elle m'aimait bien : un renouvellement pratiquement à vie et très généreux de ma drogue légale préférée : les somnifères. Si je la revois un jour, je vais donc la remercier avec un sourire... juste avant d'y donner une jambette (de préférence près d'une plaque de glace).


Je vis une histoire érotico-intellectuelle avec deux personnes, ces temps-ci. Ça mérite une étoile... Le premier est un musulman qui ne peut assumer son homosexualité, et qui me fait vivre des montagnes russes érotico-littéraires intenses. S'il savait que je parle de lui sur mon blogue, je crois que je risquerais ma peau... Mais si j'ai envie qu'il continue nos échanges de lettres hallucinantes de culture (poésie, politique, religion, histoire, name it) et de sexe (c'était si bon l'autre soir...), bref, vous voyez le genre, malgré que je n'ai pas tant tellement envie de m'embarquer dans une énième histoire torturante et tortueuse, je ressens une étrange satisfaction de le laisser languir...

La deuxième me lit, et j'imagine qu'elle va lire ceci, alors je me lance, même si je vais lui téléphoner pour m'excuser et tenter de planifier un rendez-vous... je pense à elle à tous les jours... ce qui n'est pas vraiment normal... l'excitation que je ressens parfois pour des femmes n'étant pas aussi intense ni assez forte, en général, pour que j'aille au bout de la chose. Mais là... tout le mystère, toute la tension sexuelle-amicale que je ressens ne peut que finir par s'extérioriser... j'ai parfois l'impression que nous ne sommes en tout et pour tout que trois sur la blogosphère, elle, Cloudy et moi... ce qui n'enlève strictement rien aux autres, aux autres blogueurs, et aux autres lecteurs assidus de mon carnet. C'est très agréable, tout ça.

Il va sans dire que mes doutes sur l'intérêt d'écrire le présent bastblogue que j'émis vendredi dernier se sont dissipés durant la fin de semaine...


Ma vie semble laisser trop de place à mon identité civique. J'aime me dissimuler sur la toile, quitte à ne pas l'être complètement. Mais au moins, je ne suis plus toujours plongé dans ce quotidien un peu vide qu'il fallut je déplorasse ici. That's a good point. That's a hope for better days...


En fin de semaine, immense, intense, cosmique conversation avec mon ami Chico, avec qui je peux tout dire, de toute façon, on finit toujours par pleurer comme des veaux pendant que sa blonde va prendre un bain... (hi hi hi!). Ça m'a rappelé à quel point je pleure souvent quand je vais voir des spectacles de musique : Tori Amos, Jean Leloup, Nine Inch Nails, Diane Dufresne, Chloé Sainte-Marie : même combat pour me briser le coeur. Quand Chloé Sainte-Marie arrive sur scène, frèle, souriante, mon coeur se brise en mille miettes et je perds toute virilité... C'est charnel, c'est inexplicable, c'est beau : elle me réconcilie avec la poésie parfois un peu faible de Gaston Miron (ah... la Marche à l'amour chantée par elle!), et elle me tire les larmes... Le vidéoclip suivant ne donne qu'une toute petite idée de son talent. Ma chère Chloé. Ma toute belle.






Ce soir je revois le cul de Padawan, les rires de Padawan, les cheveux de Padawan, les brusqueries de Padawan, le silence de Padawan. Je ne l'aime plus. Je l'aimerai toujours. J'ai créé un Padawan qui dédouble celui que j'ai connu, l'été dernier, lors du Rut du Printemps. Il a systématiquement refusé de me laisser entrer dans sa vie tout en m'offrant tout aussi systématiquement son corps de dix-sept automnes... Il a refusé que je l'enserre dans le carcan d'une illusion où il incarnait Arthur Rimbaud, et moi, non pas Verlaine, mais Lautréamont. Il vit sa vie de Padawan sans moi. Il ira loin. Et je serai toujours là pour applaudir à ses succès. Dans l'ombre qu'il m'a obligé d'habiter.


Mon chat Perse n'a jamais été aussi beau, aussi amoureux, aussi tendre, aussi en forme, aussi chevaleresque. Je l'aime.


J'aime aimer. J'aime les gens qui s'aiment. J'aime l'amour. J'aime aimer par procuration. J'aime être amoureux. Je suis en amour avec l'amour. Je voudrais que cet amour embrasse l'univers entier. Comme du chocolat 70% cacao fondu et versé partout, partout, sur le monde, pour que chaque aspérité, chaque orifice, chaque orient en soit couvert.

Mais je n'aime PAS, mais pas du tout Richard Martineau. (Et je ne suis pas le seul...)



Je continue à lire sur la Chine antique. Ça m'habite totalement.

"Le retour, c'est le mouvement même du Dao
Le faible, c'est l'efficacité même du Dao
Les dix mille êtres sous le Ciel naissent du il-y-a
Et l'il-y-a naît de l'il-n'y-a-pas."

-- Daodejing 道德經 (ou Laozi 老子)


Chronique : Lu sur Facebook [deux]

Une authentique perle... J'ai tellement eu peur de cette inconnue qui écrivit ça sur le mur d'un ami d'ami que je vais y aller aussi... à sa fête... :S


"Heille la tapette!!! T mieux de venir à ma fête de 30 ans criss!!! Si tu viens pas jte dévisse la tête pis jte chie dans l'corps!!!!"


(Serait-ce Valérie Blais aka Sophie la ratonne de Cornemuse, aka la terreur de la prison pour femmes... Non, même pas!!!!)

Je l'aime.

1.2.09

Chronique : Lu sur Facebook [un]

Entre deux messages plus longuets, je vais introduire une variation sur le thème "overheard in..." (comme sur le site "Entendu à Montréal"), inspirée de mes (trop) nombreuses heures inutilement passées sur Facebook. Baptisons donc en grand "Lu sur Facebook" avec une conversation absurde, authentique, préservée ici pour la postérité grâce à un copier/coller sans scrupule, et écrite dans un jargon assez ridicule, à laquelle participent trois individus de sexe masculin (X, Y et Z) dont je vais préserver l'anonymat, si vous permettez... y'a quand même des maudites limites à se caler soi-même, je ne vais quand même pas les aider :

(X) - J'ai po peur de la mafia du Village, come on les girls, jvous attend su mon perron ak ma 12..... pouces....lollll
(Y) -
jaime pas les 12 pouce fais trop mal
(X) - tas jusse a prendre le 6 pouces seulemen, kom ché Subway, lolll
(Y) - ben la c ca tu a quand meme 12
(Z) - Bah tu peux prendre le 12po sans la manger au complet!
(Y) - ouin mes dans le cul ca fais mal
(X) - ou ben amene un ami, y va prendre lotre 6po, lollll
(Y) - lol
(Z) - J'sais pas ca... c'est pas un de mes problèmes!
(X) - spo la longeur le prob, c la largeur, une 2 po large, ca fais mal!!!!
(Y) - oui toi ta koi ca rentre tu bien dansm on ti cul
(X) - crisse kle chiffre 12 excite les mounes

30.1.09

Péter sa bulle

Vendredi soir.

Il est 20h.

Je suis sorti m'acheter de la malbouffe vers 17h. Me suis installé devant la télé pour visionner des Tout sur moi. Ai rigolé.

Éteindre télé. Chat collé sur moi, ronronnant. Je pète. Tout le monde pète. Mais là, ce pet-là, c'était comme d'avoir des flatulences au mauvais endroit, au mauvais moment, en public, chez le docteur, lors d'une première "date". C'était gênant, humiliant.


Vendredi soir. Il est 20h.

Okay. Ça ne marche pas, ça. J'ai comme (désolé, le jeu de mot poche ne cesse de me hanter, il faut que ça sorte :) pété ma bulle.

Perdre sa libido, ne plus avoir envie de sortir, de voir du monde et de prendre soin de soi, me semble que ce n'est pas particulièrement bon signe, ça... Attendre d'écrire un chef d'oeuvre primé, de se faire engager à La Presse comme chroniqueur et perdre un temps fou à fixer la vaisselle en train de sécher sur le séchoir à vaisselle, NON PLUS.

Ma prise de conscience est dialectique : je suis dans une impasse ; or, AVANT (et c'est là où le bât blesse, car je ne sais plus trop à quel "avant" faire référence : quand j'étais flo? quand j'étais ado? quand j'avais 20 ans?) ce n'était pas comme ça que je m'imaginais à quelques années de la trentaine (ce Charybde ; Scylla étant les substances toxiques, qui toujours, me trahiront, car les dépendances sont inscrites dans mon hérédité), avant j'avais envie de baiser sans arrêt, j'avais envie de sortir, je buvais des bombay dry martini straight up twist dans des soirées, j'avais même des ambitions assez hallucinantes... Et... Où est la synthèse? Quelle synthèse jaillira de ces thèse et antithèse létales : le présent, le passé?

Être à l'écoute de ses organes, soit. Passer ses journées à être à l'écoute de ses organes... moyen. Réaliser un vendredi soir que c'est moche, ma vie... décrissant!

Je ne pète pas des yeules, je ne pète pas des scores, je ne pète pas plus haut que le trou. Wow. Et je suis supposé trouver que ça vaut la peine???

Quelle déchéance...

J'ai mal au ventre et je sais pertinemment que je ne sortirai pas ce soir. De toute façon, je n'en ai aucune envie. Je vais m'installer pour lire dans mon lit.

L'autre soir, j'ai eu envie de relire mes (déjà) vieux livres sur la pensée chinoise antique, reliques de mes études en philosophie. Je suis tombé sur des trucs passionnants qui m'avaient échappés. Derechef, je m'intéresse à la Chine impériale, et j'y trouve tout plein de sujets d'intérêts, de potentielles nouvelles littéraires, des sujets de réflexion profonds, des images très-belles, des histoires qui pourraient m'inspirer quelque chose... MAIS QUOI? Quelle vanité de croire que je puisse travailler là-dessus, alors que je ne suis même pas capable de sortir mon bac de recyclage à temps pour la cueillette (tout sauf ponctuelle et efficace, welcome in the Plateau).

Si je fais une analyse de ma vie, je m'effondre dans les bancs de neige boueux de mon passé. Si je tente d'en faire abstraction, de mettre mes raquettes ou de sortir la souffleuse, c'est ma propre force d'inertie qui me replonge dans la gadoue du présent intolérable. Bravo champion. Va essayer de faire la morale aux autres, de draguer quelqu'un ou de promettre quoi que ce soit, après... Ma culpabilité me nargue.
J'attendais quelque chose de ce blogue. Un sens à donner à ma vie. Une façon d'exploiter à mon rythme, de manière éclectique, l'écriture, mes connaissances, de partager des moments "youtube", de m'inscrire sur le web et d'exister, quelque part. Clairement, je ne suis ni assez geek, ni assez créatif pour ressentir de satisfaction à ça. Je voudrais maîtriser des moyens d'expression différents. Nouveaux. Participer à quelque chose de collectif. Mais voilà. J'ai l'impression d'apprendre à conduire dans le stationnement d'une aire de repos sur le bord de la 40. En regardant les chars des autres prendre de la vitesse, me dépasser, disparaître à l'horizon.

Avec mon ex nous allions souvent à Québec. Je connais bien les autoroutes. Je déteste conduire, je conduis mal et je ne sais pas comment gérer la peur qui me consume, la peur des vroom-vroom, des accidents, des carambolages, des dépassements par la droite, des sorties de route. Mon ex a été patient, puis indifférent, et finalement, lui-même n'avait plus de voiture. C'est une métaphore de notre couple : j'essayais de le suivre, je voulais faire l'amour, il ne voulait pas souvent, j'essayais de conduire, il a fini par revendre sa picouille, et dans le vide intersidéral de ma vie actuelle, je me rends compte que même ça, ce que nous vivions, ce n'était pas ÇA. Ce n'était pas ce que je voulais.

J'ai laissé mon ex en voulant rester ami avec lui : c'est la seule chose que nous ayons vraiment réussi. Il a maintenant un nouveau copain. Moi je suis revenu dans son ancien appartement de quand je l'ai connu. Retour à la case départ. Ou plutôt : hors jeu. Hors jeu sous mes amoncellements de livres. Hors jeu sous mes couvertures à manger du McDo en écoutant Tout sur moi un vendredi soir. Hors jeu sans savoir ce que sera le prochain jeu. La prochaine vie qui me sera accordée. Quand un instrument est accordé, il joue juste. Mais moi, je joue faux en attendant de me trouver un ensemble avec lequel mon instrument entrera enfin en harmonie.

Subrepticement, la dernière métaphore rejoint ce que je disais précédemment sur la philosophie chinoise antique. Par exemple, Confucius ( ) affirmait :
"Un homme s'éveille à la lecture des Odes [recueil poétique classique], s'affirme par la pratique du rituel, et s'accomplit dans l'harmonie de la musique."

Il voulait que l'harmonisation apportée à toute la société se fasse par la pratique des rites et de la musique, que vise l'accomplissement de l'homme de bien, le junzi ( ):
"Les rites, les rites! Ne tiennent-ils qu'au brillant de la jade et de la soie? La musique, la musique! Ne tient-elle qu'au bruit des cloches et des tambours?"
C'est pourquoi, selon Kongzi, la première chose à faire est de rectifier les "noms" (les mots). Dernière citation, promis (pour ceux que ça ennuie) :

"Si les noms sont incorrects, on ne peut tenir de discours cohérent. Si le langage est incohérent, les affaires ne peuvent se régler. Si les affaires sont laissées en plan, les rites et la musique ne peuvent s'épanouir."


Ce soir, je tente de rectifier les noms. Je tente de faire BASTA! des discours incohérents, des faux-semblants, des lieux communs, des légèretés cent fois réitérées pour me donner bonne conscience. Je tente de redresser les mots pour qu'ils disent quelque chose : d'un pet à Confucius, c'est toute ma vie qui cherche son sens, son épanouissement.

C'est cela qui se passe. C'est cela et c'est tout. La Chine impériale est un amas de ruines. Ma vie est un amas vivant d'organes plus ou moins en bonne santé. Le Ciel au-dessus de nos têtes est le même que celui de Kongzi, le même que le mien. Il n'a pas changé en deux mille cinq cents ans. Et parmi les Dix mille êtres, les Cent familles, à l'intérieur des Quatre mers et des cinq Orients, je reste immobile, immobile depuis déjà quelques temps, pour encore quelques temps, en pleine inaction, en réfléchissant à ma voie... à mon Dao que je ne trouve pas. Pas encore.



29.1.09

Perse est malade...

Mon chat Perse est malade... Ça a commencé hier par des gémissements bizarres, puis, à mon grand désarroi, il s'est mis à vomir... et ça n'a pas cessé... de la nuit. Il ne mange plus et ça se voit qu'il n'a pas le moral... eh merde... Je me sens impuissant à l'aider. C'est pas facile d'interpréter son mal : une indigestion? un virus? quelque chose qu'il aurait avalé par inadvertance?... Il allait bien, pourtant, il mangeait avec appétit...

Opération : vétérinaire...

Ça m'inquiète tellement!

MISE À JOUR : Perse est guéri! Yeah! Même pas eu besoin de eurvirer chez Vétérinaire. Une indigestion? Une boule de poil? Une purge? Dunno... Mais je me suis senti comme un nouveau papa devant son poupon qui "renvoue"...

27.1.09

Miscellaneous 3

Mon chat est comme moi : il aime le café, il aime jouer dans l'eau, il dort tout le temps et s'énerve pour un rien...




J'essaie de comprendre l'homosexualité. Tout me porte à y réfléchir. Tout tend vers cette question. Que sont les homosexuels? Que suis-je? Suis-je homosexuel? Qu'est-ce que c'est que cette "vérité" du sexe qui viendrait se plaquer comme un masque sur ce que je suis, ou qui émergerait de mes tréfonds de mon for intérieur mystérieux? Qu'est-ce qui est différent? Qu'est-ce qui est indifférent?

À 15 ans, à 20 ans même, ce n'était pas des questions que je me posais. Prompt à condamner l'homophobie des grandes religions (monothéistes et bouddhistes, en particulier), prompt à revendiquer ma place dans le monde, prompt à fuir mes démons intérieurs dans le "réel", je faisais ce que je pouvais pour, comme tout le monde, tirer les meilleurs coups possibles... Mais voilà. Je vieillis. Je lis un peu plus. Je pense aussi un peu plus avant d'agir. Et je me suis graduellement mis à tout révoquer en doute.

Je n'ai pas de réponses, encore. Que des questions qui prennent des formes étranges, de plus en plus troublantes. Je me demande si j'ai vraiment quelque chose qui s'appelle une sexualité, ou plus spécifiquement, une identité sexuelle. Bander, jouir, fantasmer : facile. Trop facile. Et si tout cela n'était qu'une illusion? Ce n'est pas une blague : je me demande ce que je veux, au fond. Et je crois que ce n'est pas ce que je pensais vouloir à 15, 20 ans...





J'aime Mara Tremblay. Elle m'a réconcilié, grâce à sa voix "country-urbaine" qui me bouleverse et me plaît, avec des sonorités qui n'étaient pas, disons, courantes auparavant. Son nouveau "microsillon" s'en vient ou est déjà paru, mais je m'ennuie déjà de ses débuts avec Chihuahua. Le clip le moins pire (ah! cette qualité "No Name" de la miouse sur youtube...) ressemble à ça :






Le soleil et dans trois mois, Paris...




Conseils urinaires d'Hésiode (8e siècle avant l'ère commune) :

"N'urine pas tout debout, et tourné vers le soleil et sa lumière,
Depuis l'heure où il se couche jusqu'au matin,
Souviens-toi de ne pas uriner sur le chemin ou à côté du chemin,
Et pas davantage en relevant ta chemise, car les nuits appartiennent aux Dieux bienheureux.
Il faut s'accroupir comme le fait l'homme qui sait les choses et qui est pieux,
Ou bien il faut se mettre contre le mur de la cour bien fermée.
Il ne faut pas non plus dans ta maison montrer indécemment près du foyer
Des parties honteuses souillées de sperme, mais il faut éviter cela au contraire.
Il ne faut jamais uriner à l'embouchure des fleuves qui se précipitent dans la mer,
Et pas davantage à leur source, mais il faut soigneusement s'en garder,
Et, cela aussi n'est pas bon, il ne faut pas non plus s'y baigner."
(Les Travaux et les Jours)


À méditer.



J'aime faire l'éloge de mes amis. J'aime quand les autres font de même.




La chanson du jour (qui risque d'être la chanson de la semaine, en fait...) :



À noter la parade finale qui ressemble étrangement à la Parade de la Fierté Gaie, avec un nain pis toute...



Je me suis inscrit au gym. J'ai hâte de ressembler à ça :



... ou peut-être pas, finalement...




Ah, j'oubliais : merci de me laisser des commentaires! Non seulement ça fait plaisir à lire, mais ça sert à ça, un blogue... Même les insultes/bitcheries/demandes en mariage/petites annonces/critiques et autres déversements sentimentaux sont les très-bienvenus.




Plutôt que de passer ma journée à écouter les tenants et abrutissements du budget fédéral, je crois que je vais continuer à lire La Violence et le Sacré, de René Girard. C'est renversant... J'adore. En plus, ce qui est bien, c'est que je mets ma télé sur "mute" (silence) et quand je me lève la tête de mon livre, je regarde de la porno. La vie, parfois, est aussi douce que ça.






(Dali)

25.1.09

Lent vert

& l.an droit | je penche | je planche

contre Les angles de partage & de dissension | coupées & découpées de traverse

Pangée ~
on reprend des buts Les origines indisséminées

j.augure bien de mes non_lieux -


arpentage | strates | failles | série monoclinale | érosion | cuvette inondée


sols humides ô bonne terre ~ plan dynamique Sur lequel mes pensers opèrent d.inclinables sélections | extraterritoriales°°°


flou - 東西


reprendre du début ~ faire les sans pas pour mesurer l.espace que ça prend pour Précipiter les couleurs introuvables[impoétisables]


verlan neuf ! Ceci dit je n.ai que du bien à en mesurer ~ pensées giratoires


Droit du sol ~ mon oeil s.ouvre à l.an vers


j.ai aimé nomade Des padawans jurassiens jusqu.Aux limites extrêmes du monde connu | par des béringies glacées d.illusions tordues comme un hêtre humant ~ j.incline mes plans ~ progression Ab originem | ce qui reste des empires du levant & du Kouchan 貴霜 | des pétales de désir froissés°°°


steppes après steppes ~ étapes Du voyage de retour du monde| émondé


sans pas d.avant sans padawan [屁股] -

& il faut être des brouillards | quand on est eaux à bois

& vaporisé


Peur plane ~ c.était l.été & c.était l.invention d.un continent | d.un fleuve amour | en neuf -

toute étendue nous étang interdite Cité hors convexe ~ habiter son espace sans sacrifier les senteurs de jasmins solaires ~ vois_tu ce que je veux d.ire?

[oui colère & oui tristesse] | mais quel voyage | quelle voix | quel âge°°° C.était l.origine de la géodésie -


同性恋 lové contre lui

l.an droit commence | au diable l.an vert | au diable vauvert |

ô d'heure

23.1.09

Ulysses...!


J'adore... "I found a new way..." Juste trop exactement ce que j'avais besoin aujourd'hui...

Et cet extrait me rentre littéralement dedans :

"You're never going home
You're not Ulysses"

Les Franz Ferdinand à leur meilleur.

PS : La Jeune Femme Moderne m'a sorti de ma torpeur aujourd'hui. Qu'elle en soit éternellement remerciée... J'ai même réussi à faire mon lavage, alors je vais pouvoir recommencer à porter des sous-vêtements...

22.1.09

Foucault parle (1966)

Isabelle Dumais. Dépli d'espace. 2006. Eau-forte et chine collé. 38 x 29 cm.
(Collections: particulières et BNQ)



...le ruissellement continu du langage. Langage qui n'est parlé par personne : tout sujet n'y dessine qu'un pli grammatical. Langage qui ne se résout dans aucun silence : toute interruption ne forme qu'une tache blanche sur cette nappe sans couture. Il ouvre un espace neutre où nulle existence ne peut s'enraciner : on savait bien depuis Mallarmé que le mot est l'inexistence manifeste de ce qu'il désigne; on sait maintenant que l'être du langage est le visible effacement de celui qui parle...




© Dominique Denuault, PLI SUR PLI, "Hommage à Pierre Boulez", 50 X 75 CM, Prise de vue : en Indre-et-Loire en 2004 (Tirage argentique laminé sur bois)
http://dominique.denuault.free.fr/