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1.1.10

Triptique du Nouvel an : 1910 (bis) - Egon Schiele



***


Il est un peintre que j'admire particulièrement. Une force picturale puissante, à ranger du côté des «anatomistes morbides» comme Giacometti, Francis Bacon et Lucian Freud, c'est-à-dire les peintres du corps torturé, squelettique et défiguré par des couleurs de pourriture, de maladie, de morbidité. À ceci près que c'est la sexualité la plus charnelle qui y éclate dans les postures impossibles et les coups de crayon furieux. C'est Egon Schiele.




Disciple et élève de Klimt, portraitiste de génie, et sulfureux à l'envi (expulsé, pourchassé, vilipendé pour de supposés contacts sexuels avec des mineures -- et nous sommes en pleine époque de morale sexuelle rigoriste...), Schiele est brillamment dépeint dans cet article du The Nation (à propos d'une exposition récente). L'auteur, Arthur C. Danto, note que :

«All of a sudden, and until the end of his pathetically brief career, everything is mobilized to express the sexuality of the human body. [...] If I can put it somewhat paradoxically, he has found a style that sexualizes eroticism. In Schiele's work the human body expresses its sexuality as artistic truth. [...] They are like illustrations of a thesis of Sigmund Freud, Schiele's fellow Viennese, that human reality is essentially sexual. What I mean to say is that there is no art-historical explanation of Schiele's vision.»


Et il conclut avec à-propos : «Yet there is no body of work anywhere that shows the sexuality of human flesh as truthfully as Schiele's, with the vulnerability and burden of our appetites and imaginations drawn so clearly and with such passion. Freud writes in Civilization and Its Discontents that "the genitals themselves, the sight of which is always exciting, are hardly ever regarded as beautiful." It is the excitement of the erogenous zones in otherwise beautiful people that makes Schiele's work so true.»




En 1910, il a effectué une série d'autoportraits, certains nus, qui me rendent hystérique d'admiration. C'était il y a cent ans. (Note de Danto à propos de ces autoportraits : « The accuracy of the drawing is confirmed by several photographs, in which Schiele contemplates himself in the mirror, clearly proud of his looks, his elegant figure, his leonine head of hair. Unquestionably, this is a vain young man.» Un jeune homme vaniteux... Un jeune homme du XXIe siècle... Un jeune homme de toujours.)






Egon Schiele est mort à 28 ans de la grippe espagnole. J'ai 28 ans, et cette année j'aurai 29. Une descendante mutante de la grippe espagnole, la A(H1N1) a fait les manchettes de 2009. Je ne suis pas mort. Paix aux Mânes de Egon Schiele, mon double et mon frère.


Triptique du Nouvel an : 1910



**


En 1910, le monde ressemblait à ça :


La Belle Époque tirait tristement à sa fin. Les Grands Empires coloniaux aussi, mais rien ne semblait le laisser prévoir. Les Arts entraient résolument dans une nouvelle ère, marquée par l'abstraction et l'abandon des structures traditionnelles (tant au niveau des institutions que des techniques).

Depuis quelques mois, en 1910, la musique classique occidentale était alors bouleversée, dans ses fondements mêmes, par le travail de Arnold Schönberg, compositeur de musique atonale, interprété ici au piano par le grandissime Glenn Gould :




À noter qu'en 1910, c'est la naissance du quotidien Le Devoir, fondé par le tribun nationaliste Henri Bourassa, petit-fils de Louis-Joseph Papineau (Yo, Papine, c'est dans ta famille, ça!). D'ailleurs, je trouve perso qu'on n'utilise pas assez l'expression exclamative : «Par la barbe d'Henri Bourassa!» J'ai longtemps lu Le Devoir avec une régularité quasi intestinale, pour être sûr d'être le mieux informé du monde, et aussi pour faire partie de l'élite des quelque 3% de part de marché du vieux quotidien de Bourassa. Maintenant, je dois dire que je lui préfère La Presse (et surtout cyberpresse) pour plein de raisons, mais je reste attaché de façon émotive et nostalgique à la barbante création de ce cher Henri Bourassa, que je ne feuillette désormais que pour y lire Jean Dion, Antoine Robitaille et quelques autres.


(Si vous agrandissez cette image, vous pouvez lire le petit message coquin que l'orateur vous a laissé, bandes de chanceux!!!)




Bourassa, d'ailleurs, était un nationaliste canadien qui s'opposait à l'impérialisme britannique. C'est le jour de ma fête, le 11 octobre, qu'il confronta le Premier ministre de l'époque, Sir Wilfrid Laurier, sur la question de la construction par le Canada d'une flotille de guerre, uniquement consacrée à la participation du Royaume-Uni à une éventuelle guerre contre l'Empire allemand.
Comme quoi, d'un siècle à l'autre, les (mauvaises) raisons pour le Canada de faire son effort militaire à l'étranger ne changent que de terrain de jeux et de Maître impérialiste à satisfaire (là le Roi de Londres, ici le Président de Washington). Bourassa avait alors raison de s'inquiéter; nous avons tout autant raison de nous révolter de la participation de notre entité fédérale à des invasions belliqueuses...




C'est aussi en 1910 que le bon vieux Tolstoï passa la plume à gauche. Militant pacifiste à tendances anarchistes, il fut un maître à penser du jeune Gandhi (le futur Mahatma) avec qui il entretint une correspondance. C'est une figure majeure de la littérature russe de tous les temps. J'aime Tolstoï. J'aime les vieux anarchistes aristocrates (Léon Tolstoï était un comte, issu d'une famille de vieille noblesse), comme mon cher Bertrand Russell (l'immense philosophe anglais dont le prof Baillargeon a fait la bio, ici en hyperlien). Modèles, idoles, mentors : de feue ma grand-maman à Léon Tolstoï, en passant par Russell, Borges et Normand Baillargeon, je reste un «fils déchu de race surhumaine / race de géants, de forts, de hasardeux...» etc., un moindre rejeton de grandes figures axiales.


Tolstoï et sa femme (la photo fut prise l'année même de son décès)

18.11.09

Triolisme masqué (illustration pour une étude lévinassienne du Visage nu comme concept éthique en art)

1.





(13 costumes, dont certains sont monstrueux tandis que d'autres sont inspirés par la culture populaire, voire folklorique, et au moins quatre «pastiches» volontaires de vedettes pop comme Madonna et Britney Spears. Démarche qui se veut à la fois assumée au premier degré, et pleine d'auto-dérision. Soi comme un autre. Absurdité tragique de la quête amoureuse. Mais est-ce que la multiplicité-duplicité de l'image ne serait pas une façon inversée, propre à notre époque, de pointer vers cet espace vide où le sujet moral se dédouble et se défile?)



2.


THE MASK

"Put off that mask of burning gold
With emerald eyes."
"O no, my dear, you make so bold
To find if hearts be wild and wise,
And yet not cold."

"I would but find what's there to find,
Love or deceit."
"It was the mask engaged your mind,
And after set your heart to beat,
Not what's behind."

"But lest you are my enemy,
I must enquire."
"O no, my dear, let all that be;
What matter, so there is but fire
In you, in me?"


W.B. YEATS

(Dialogue d'aveugles. L'oeuvre me fait terriblement penser à certains Fragments d'un discours amoureux de Barthes : le désir voilé-dévoilé, la face caché des êtres aimés, le langage comme véhicule et comme matrice des mythes amoureux qui s'enflent jusqu'à l'implosion implorée. Vérité des masques (cliché moderne ou post-moderne?). L'auteur, à propos de ce thème récurrent à certains égards dans son oeuvre : «Nous nous revêtons d'un masque peint grotesque ou solennel pour nous abriter des foudres du Jugement, pour inventer des Saturnales de l'imagination où l'on oublie la réalité, dans un jeu qui ressemble à celui d'un enfant, et où l'on n'éprouve plus la douleur infinie qui vient de la conscience de soi.» Voir le clip de Lady Gaga : différences et similitudes. Une même théâtralité de la tension vers la vérité de la Rencontre érotico-éthique.)




3.


Photographies brodées (2008), par Maurizio Anzeri.
















(Par la profanation ludique des photographies anciennes, un peu à la manière irrévérencieuse des enfants face aux objets qui sont pour eux dénués de toute «sacralité», de la sentimentalité mémorielle proprement adulte, l'artiste modifie en profondeur l'identité des sujets dont le portrait s'anime de significations nouvelles, inédites, et nous force à changer nos repères habituels dans l'aperception des visages aux expressions éminemment codifiées -- voire asservies -- par toutes les cultures. L'Altération et l'Altérité se conjuguent dans les différentes couleurs, textures et opacités. Qui suis-je? Qui ne suis-je pas?)

2.11.09

Le Crépuscule des Fées



(il miglior fabbro)


A FAERY SONG

Sung by the people of Faery over Diarmuid and Grania,
in their bridal sleep under a Cromlech



We who are old, old and gay,
O so old!
Thousands of years, thousands of years,
If all were told:

Give to these children, new from the world,
Silence and love;
And the long dew-dropping hours of the night,
and the stars above:

Give to these children, new from the world,
Rest far from men.
Is anything better, anything better?
Tell us it then:

Us who are old, old and gay,
O so old!
Thousands of years, thousands of years,
If all were told.


- William Butler Yeats (The Rose, 1893)




Nous chantâmes au couchant, au couchant nous entonnâmes nos chants, nos chants de gloire, nos chants de gloire, et nos lais anciens d'amours amers, d'amours et de remembrance des jours anciens, des joyeuses assemblées sous les étoiles.
Les belles gens s'accoquinaient, les belles gens s'encanaillaient, et les belles gens, les belles gens, au crépuscule prenaient les feux follets pour briquets.
Les rituels s'exaspérèrent avec une païenne exubérance parmi les convives maculés d'alcool et de baisers. Nous riâmes!

Sous un dolmen un jour lointain et inconnu nous nous endormirons pour quelques temps, quelques ères, quelques éternités à peine. On nous entendra soupirer d'amour et de sensualité jusqu'à Byzance, peut-être. Quelque éphèbe viendra nuitamment cueillir sur les tombes jumelles de précieuses larmes de fée, luisantes reliques lunaires de tes exaltations passées. (Il sera beau, son coeur sera doux comme l'herbe grise sous les étoiles, sa peau nue brillera par nos ensorcellements d'outre-tombe comme au temps d'avant notre endormissement sacré.)


Et par les sources qui ne coulent que par toi, qui ne remontent vers le ciel que par toi, que par ta magie, et par les verres d'eau de vie qui ne reflètent l'avenir et la folie et la féerie, que par nos bouffonneries, je te bénis, mon ami, je te bénis.



27.9.09

Xavier Dolan



Pourquoi est-ce que j'aime autant Xavier Dolan?





Dimanche, il pleut, je regarde des niaiseries sur Youtube et je me surprends à avoir chaud, à rougir en visionnant des entrevues de Xavier Dolan. Il me fait rire, il accroche mon regard, me plaît. Me fait réfléchir.

Que jamais je n'aurais imaginé un jour fantasmer sur le petit gars des annonces de Jean-Coutu; j'avais 17 ans quand il y jouait le p'tit criss blond.





Que mes amis, ô mes amis, amies "e" surtout, qui ont tellement, tellement voulu percer dans le domaine du théâtre, dans l'industrie cinématographique, n'ont peut-être pas moins de talent que lui, mais n'ont jamais osé être, c'est-à-dire travailler et se croire, travailler sans relâche, ce qui est une autre façon d'être. Tout comme moi : moi je n'ai jamais osé être, jusqu'au bout, ce que je voulais être. Je rêvassais alors que d'autres bossaient sur leurs projets. J'espérais... j'espérais être pris sous une aile protectrice d'emblée, échanger mon corps glabre et svelte d'adolescent contre les conseils et les conditions de travail et les caresses et les discussions d'un mentor. J'en ai rêvé, j'en ai connu... et je n'en ai rien retiré, sauf des bleus sur les fesses et sur l'âme. D'abord, j'aurais dû attendre d'être majeur... Et peut-être aussi n'avais-je pas le bon goût de me trouver un mentor vraiment très vieux et très influent, très doux aussi. Au lieu de ça, je me contentais de professeurs. Bad choice.

J'ai toujours écrit. Mais je ne comprenais pas vraiment le but, le sens de l'écriture. Je n'avais pas cette intuition géniale qui firent Lautréamont violer toutes règles, Rimbaud embrasser toute la langue et toute l'histoire de la littérature française. L'intuition juvénile... dictant des oeuvres à vu de nez. Au pif. Suivant ses (bas) instincts. Et pourtant, je recevais des marques d'admiration, d'encouragement, et, ce qui est tout aussi dommageable que les précédents, des réactions de rejet, de haine. Plus jeune, il m'arrivait de perdre complètement le sens de la réalité, à cause de ça.

L'été dernier, je connus, au sens biblique du terme, un jeune padawan terriblement beau, d'une beauté vraiment infernale, et surtout, extrêmement intelligent : école internationale, études brillantes, du talent fou pour le cinéma, et une volonté canalisée dans le travail (critiques de films, en anglais, et courts-métrages, etc.). Nos échanges étaient épiques, nos baises étaient torrides, nos rencontres, sporadiques. Trop sporadiques. J'étais amoureux de lui. Il n'avait que 18 ans (genre). Il m'avait d'abord menti sur son âge, le petit con. Je le voulais pour moi, que pour moi, je me sentais inspiré par lui comme je ne le fus jamais que par l'Achigan et peut-être aussi par quelques autres, de manière plus limitée, et je le voulais comme padawan, comme un espèce de disciple. Çà! je me prenais, à mon tour, pour un mentor. Un sale mentor de merde; il eut probablement aimé que je lui fasse davantage de bleus sur les fesses, en bon mentor, mais je préférais les lécher et les caresser goulûment, délicatement, amoureusement.

Et c'est moi qui eut encore les bleus sur l'âme. Je me fis très mal dans cette relation. Je finis par en perdre la tête. Bref, passons.



Il me plaisait comme me plait Xavier Dolan, et dans ce que je perçois de Xavier Dolan, et dans ce que j'aime trouver dans Xavier Dolan, et dans ce que j'aimerais être, moi.


Le mot est lâché : moi.


Peu importe sur qui je bande, avec qui je joue à la bête à deux dos (ou à trois ou quatre dos, d'ailleurs). Peu importe que ce soit fille ou garçon ou les deux entremêlé dans le même individu. Le type, l'idealtype que représente Xavier Dolan m'est irrésistible : d'une exquise jeunesse, l'air à la fois intello et fatal à la Johnny Depp, le talent, le talent, la force immense et inexpugnable du talent brut! de la volonté de faire, de créer, de s'imposer... cette force éminemment érotique, érotisante de celui qui réussit à canaliser, à sublimer quelque chose dans l'oeuvre et dans la présentation attirante de l'oeuvre. Pierre Lapointe dégage ce même charisme, et Nelly Arcand l'avait, et mon Padawan l'aura certainement, quand il aura créé une oeuvre de quelque importance.





On peut et on doit croire en ses amis. Bien sûr, la plupart ne réussiront pas. Pourquoi est-ce que Pierre Lapointe pouvait se permettre une telle assurance, une telle arrogance, sans faire fuir les gens, au contraire en attirant encore davantage les gens, charmés par sa dégaine, sa fougue, son professionnalisme? Pourquoi est-ce que chez d'autres, chez d'aucuns n'est-ce qu'insupportable? Pourquoi Xavier Dolan et pas tant de gens que je connais qui peinent à survivre dans le milieu cruel des arts de la scène? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est que contrairement à ce que l'on entend, et contrairement à tous les préjugés ou les réserves qu'on peut légitimement ou non avoir (et que j'ai eu dans le cas de Nelly, jusqu'à récemment), Xavier Dolan et Nelly Arcand et Pierre Lapointe méritent amplement le succès qu'il eurent dès leur première oeuvre.





J'aime Xavier Dolan car je vois en lui le type de jeune homme, de si tendre beau jeune homme fier, qu'une culture en train de naitre (ou de renaître) peut produire : pas la culture au sens de ministère de la culture, de subventions et d'industrie de masse ; culture au sens de Paris à la Belle Époque ou au temps du surréalisme, de Londres au temps des dandys ou des punks, de Vienne au temps de l'Empire austro-hongrois, celui de Freud et de Kafka. Le genre de culture qui, après une phase plus ou moins longue de défrichage épique, glorieux, de bric et de broc mais si exaltant (de St-Denys Garneau à Michel Tremblay, en passant par le Refus Gobal, à peu près), après une phase sombre de vide cuturel quasi fatal (les années 80 et début 90, à peu près), ne se rend pas tout à fait compte encore que les amarres sont lancés et que la qualité, la diversité, la beauté, le dynamisme sont en train d'atteindre un niveau inégalé.

Je le sens dans l'air. Je le vois autour de moi. J'en suis avide.



Xavier Dolan, c'est le jeune prodige que toute une société a réussi à laisser s'engendrer malgré les erreurs de parcours, malgré les rednecks anti-intellectuels et anti-artistes, homophobes et racistes, malgré les politiques de droite, malgré les émissions de télé ou de radio minables, malgré Denise Bombardier et Paul Sarrasin et Mario Pelchat, malgré la mode du brun, puis du pastel, et du fluo... Et peut-être aussi grâce à tout ça, grâce à une mystérieuse dialectique dont le mécanisme nous échappe. Xavier Dolan, comme Pierre Lapointe, comme de plus en plus de jeunes créateurs plus jeunes que moi, ou de mon âge, représente l'ouverture d'une culture vers une autre étape de son histoire, vers une rupture et un agrandissement des frontières de l'art.





Tant de jeunes brillants auteurs, compositeurs, artistes visuels furent détruits par notre province... André Mathieu, par exemple. Saint-Denys Garneau se croyait tel. Et Huguette Gaulin. La danse contemporaine agonise sous les coups répétés des politiques sauvages des Conservateurs. Et d'autres furent obligés de fuir, de s'exiler, ou de se faire publier ailleurs. Réjean Ducharme. Borduas...



Je suis amoureux de Xavier Dolan. Même si, le rencontrant quelque jour, nous ne nous aimons pas, nous nous haïssons même, je serai amoureux de lui. Car j'admire ce qu'il est. Il me donne envie d'encourager les gens que je lis, que je connais, que je croise, que je vois à l'oeuvre. Il me donne envie d'y croire, de rencontrer d'autres beautés extraordinairement érotisante de succès comme lui. Il me donne envie de participer à cette vie culturelle qui n'est plus celle des chroniques culturelles du Tj de Rad-Can (vous savez, ces bonnes vieilles chroniques culturelles plates de l'autre grand chauve jovialiste...). Il me fait réfléchir au nouvel horizon, en rupture avec l'ancien sur tant de points importants, qui est le nôtre, désormais.

Ce que je fantasme pour les Lettres, Xavier Dolan et d'autres me le montrent comme étant possible dans leurs propres domaines artistiques. Et même si je reste, pour une raison ou une autre, à l'extérieur du mouvement, si j'échoue dans mes projets, j'aurai une place de choix pour l'observer et l'applaudir. Et ce sera bien.

13.9.09

(Inglorious) bastARTS

Ça fait un bail que je ne suis pas allé fouiner dans les musées... Pas le temps! Mais je tente tant bien que mal de me "culturer" sur les internets, en lieu et place. Aujourd'hui, je vous parle donc d'art moderne et contemporain (mes stats de blogueur vont encore subir une chute vertigineuse... duh), grâce à un site anglophone mais belge, today and tomorrow, qui me permet ces temps-ci de garder le contact avec les nouveautés ou les classiques oubliés des arts visuels. Ce blogue, surabondamment alimenté, a comme défaut principal de ne proposer que très peu d'informations complémentaires sur les oeuvres, les artistes et les expositions dont il est fait mention. C'est dommage, mais c'est normal, je crois, à notre époque de "wikipedia"-tisation de l'information bio-bibliographique.

N'empêche que depuis une semaine, je suis complètement obnibulé par ces quatre oeuvres, de différentes époques, de différents styles et d'intérêt esthétique variable, mais que today and tomorrow m'a fait découvrir.




Le 28 août, c'est un classique de la photographie qui m'a éboui. On peine à imaginer que ces oeuvres datent des années 30 (à moins de connaître déjà Man Ray et Hans Bellmer).
André Kertézs a aussi une période new-yorkaise plus connue et plus "réaliste". Mais ça, ça me plait :





Le 31 août, c'est l'artiste français George Rousse qui a fait vibrer en moi une corde sensible à ce genre de travail : des installations temporaires qui ne servent qu'à des séries de photo. J'adore :






Le 3 septembre, j'ai succombé au "glitter", à la lumière des oeuvres de Daniele Buetti. C'est vraiment un de mes plus grands coups de coeur depuis Christine Davis. Même si parfois ça peut tomber, selon moi, dans un conceptualisme quelque peu kitsch, je reste quand même ébloui, depuis dix jours, par ces photographies sur caissons lumineux qui versent des myriades de petites étoiles :






Finalement, ne m'en veuillez pas, mais il fallait que je vous en parle, même si c'est de l'art (op-art? pop-art? ready-made?... non, ça n'est pas vraiment ça...) vraiment facile et très "web 2.0" branché. Permettez que je cite en anglais la présentation de l'oeuvre, car c'est pissant :

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Qu'est-ce que vous en pensez? Aimez-vous l'art contemporain? Avez-vous des artistes à me faire découvrir?