L'impression que j'ai consiste en ceci que dans ma «folie» vespérale, je m'imagine qu'en dehors de ma caverne, les corps s'assemblent pour un sabbat de tous les diables, sans moi, et que pour ma part je reste à demi prostré, dans la lumière trop vive des néons, comme dans une obscurité proprement postmoderne, mais l'effet est le même que dans une grotte aux parois grimaçantes de figures composites, graffitées à mains nues : c'est le vertige horizontal de la nuit.
Ma bouche est terriblement sèche. Je ne sais pas si c'est le café ou la peur, mais j'ai l'impression, plus que jamais, d'être vulnérabilisé par ce qui m'est le plus proche : les amis, les corps, les idées, les sensations, les identités, et mon blogue...
Face à mon écran je n'ai que des doutes. À vous offrir. À me servir.
(Peu importe ce que j'écris, au fond ; écrire pour ne plus penser, ou plutôt, écrire pour mettre des mots sur des sensations qui défient toute pensée. Écrire n'importe quoi, soit, mais ça ne règlera pas mon problème de température trop froide pour mon accoutrement, ça...)

-- Oh, et j'oubliais : j'aime beaucoup le blogue de samstg, que j'ai parcouru en entier (il faut dire que c'est un tout jeunot de blogue), aujourd'hui : Le Confessionnal. Simple, bien écrit, c'est un témoignage très sensible, auquel on s'identifie aisément, à propos de l'homosexualité.
Je serais une très bonne proie. Catch me if you can!
RépondreSupprimerOh, Bast! J'ai trouvé Samstg avant toi!!! ^^
Je suis tapi quelque part dans le noir, les crocs serrés pour retenir ma respiration extrêmement rapide et saccadée... je t'attends, ô proie!! lol
RépondreSupprimerTrouvé, trouvé... c'est vite dit! ahahaha!
Tu écris : "Peu importe ce que j'écris, au fond ; écrire pour ne plus penser, ou plutôt, écrire pour mettre des mots sur des sensations qui défient toute pensée. Écrire n'importe quoi, soit, mais ça ne règlera pas mon problème de température trop froide pour mon accoutrement, ça."
RépondreSupprimerPessoa écrit : "Certains travaillent par ennui: de même j'écris, parfois, de n'avoir rien à dire. Cette rêverie où se perd tout naturellement l'homme qui ne pense pas, je m'y perds par écrit, car je sais rêver en prose. Et il est bien des sentiments sincères, bien des émotions authentiques que je tire du fait même que je n'éprouve rien.
J'écris en m'attardant sur les mots, comme des vitrines où je ne verrais rien, et ce qui m'en reste, ce sont des demi-sens, des quasi-expressions, telles des couleurs d'étoffes à peine aperçues, des harmonies entrevues et composées de je ne sais quel objet. J'écris en me berçant, comme une mère folle berçant son enfant mort."
Vos discours s'entremêlent et se ressemblent.
Le seul réconfort possible, errer sur les allées perdues des mots.
"Le sabbat de tous les diables" je l'ai lu chez Miller ce week end. whaouffff very hot :p Merci pour cette rêverie en direct live .. Et merci à L'achigan pour cette longue citation de Pessoa.
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